Le rassemblement sur les institutions
Par Le Mouvement Démocrate de Boulogne-Billancourt le Dimanche 31 janvier 2010, 17:15 - Lien permanent
Après la réunion de Dijon sur l'éducation, le rassemblement, qui réunit les courants de gauche et du centre qui souhaitent construire une alternative à Nicolas Sarkozy, se tenait samedi 23 janvier à Ménilmontant. Etaient notamment présents pour le Modem, Jean-Luc Bennahmias (Marseille), Fabienne Faure (Ain) et Emmanuelle Cassia (Sceaux).
Deux tables rondes au menu : une première sur nos institutions et l'équilibre des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) et une seconde sur les nouveaux pouvoirs : médias et démocratie participative.
Voici par bribes, les éléments les plus intéressants de ces débats.
1 - Démocratie et institutions
La question démocratique tient la question sociale car, pour faire de la question sociale une priorité, il faut un discours d'adhésion et donc une vraie démocratie. Et notamment de la démocratie locale qui permet de gérer les difficultés de façon plus subtile, en adaptant l’action publique à la réalité locale, comme en Allemagne.
Certains ont plaidé pour une VIème République avec un véritable équilibre des pouvoirs, un pouvoir de contrôle des Assemblées. Il convient également de revenir sur la confusion des pouvoirs entretenue par la majorité actuelle et son hyper-président. Au centre de cette révolution, se situe également la question du cumul des mandats et du statut des élus.
D’autres ont appelé de leurs vœux, une loi plus rare, moins bavarde et plus normative et surtout une loi applicable, avec l’ensemble de ses décrets d’application !
La Justice a fait l’objet d’un plaidoyer vibrant à plusieurs voix. Il faut « réarmer notre Justice » moralement et financièrement. Pourquoi ne pas imaginer un conseil de Justice des citoyens au sein des tribunaux, pour veiller aux délais de traitement des affaires ou des assesseurs citoyens ? Il faudrait aussi rétablir le rôle de la Justice en matière de surveillance de la police et rendre la carte judiciaire conforme à la carte administrative. Et, évidemment, maintenir les juges d’instruction, garants d’une Justice impartiale.
2 – Démocratie, médias et participation du citoyen
La seconde table ronde a tout d’abord fait le procès d’un système de concentration du pouvoir médiatique, dont les journalistes sont les premières victimes. La suppression effective de la publicité sur le service public, alors que la mesure était encore en débat au Sénat, est particulièrement révélatrice d’une prise en main par le pouvoir.
Il faudra revenir sur la nomination du président des chaines publiques par le président de la République, mais aussi dénoncer toutes les pressions sur les journalistes, d’où qu’elles viennent, et organiser la péréquation des ressources publicitaires. Il faut aussi se battre au plan européen pour faire reconnaître la diversité médiatique comme un service d’intérêt général.
Le terme de démocratie participative a été souvent détourné pour qualifier des opérations de marketing. La participation des citoyens est pourtant essentielle à coté de la démocratie représentative pour deux raisons :
il faut faire une place aux citoyens car les démocraties meurent de l’indifférence des citoyens et de leur repli sur la sphère privée ;
une décision publique ne peut plus être considérée comme légitime si elle n'a pas été débattue en amont.
Toutefois, la démocratie participative comporte des risques : risque d’instrumentalisation ; risque de reproduction des inégalités sociales, les plus érudits ou les plus aisés étant plus à même de faire valoir leur point de vue.
Alors que le consentement à l’impôt est le premier acte citoyen, ne faudrait-il pas donner au citoyen un pouvoir de contrôle de la dépense publique ?
Que tirer comme conclusion pour le Modem de la participation à ce débat ?
D’abord que, lorsqu’on débat sur le fond, on est beaucoup plus proches qu’on ne le croit des autres militants (cf. les propositions de François Bayrou sur la VIème République - HYPERLINK "http://www.bayrou.fr/propositions/sixieme-republique.html" http://www.bayrou.fr/propositions/sixieme-republique.html).
Toutefois, la rhétorique utilisée par certains intervenants montre un passé commun, qui n’est pas celui du Modem et les mots peuvent constituer un obstacle au rapprochement. Enfin, la question du leadership se pose. S’agit-il d’un partenariat à égalité ? Le Modem est-il seulement considéré comme une force d'appoint ?
Comme en matière de construction européenne, il convient certainement de respecter les identités de chacun si on souhaite avancer pour la construction d’une alternance démocrate et sociale au sarkozysme.
Pour plus d'information, voir http://www.le-rassemblement.fr/

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