Faut-il se laisser dicter nos thèmes de campagne par l'UMP de Nicolas Sarkozy ?
Par Le Mouvement Démocrate de Boulogne-Billancourt le Dimanche 13 décembre 2009, 19:46 - Lien permanent

Nicolas Sarkozy a décidé d'entrainer nos concitoyens dans un débat sur l'identité nationale. Ce débat est encadré par les élus du parti dominant, ce qui est logique puisqu'il est de leur intérêt de parler d'autre chose que du niveau de vie des Français et de la progression de l'injustice. Ce débat est également encadré par les préfets, ce qui est plus gênant pour notre République.
L'expression "identité nationale" suscite en elle-même un certain malaise puisque, comme l'a souligné François Bayrou lors de son discours de clôture du congrès d'Arras, la notion de nation est ambivalente : elle signifie dans notre inconscient collectif tout à la fois la communauté d'origine (nation picarde par exemple) et le peuple, communauté des citoyens.
C'est sur cette ambigüité que louvoie le président de la République, censé être le garant de l'unité républicaine, sans craindre d'ouvrir la boite de Pandore de la laïcité, comme il l'a déjà fait lors du si contestable discours de Latran.
Sommes nous obligés d'aller sur le terrain où nous emmène l'UMP ?
Si nous contestons la légitimité du débat, nous serons taxés de refuser nos racines et de laisser notre Patrie à la droite dure, alors qu'il s'agit d'un bien commun. Si nous entrons dans le débat, nous serons coupables de le légitimer, alors que ce débat est organisé d'en haut, ce qui est l'inverse de la démocratie locale, qu'il a clairement des visées électoralistes et qu'il divise au moment où nous devons nous rassembler face à la crise.
Refusons donc de faire écho à cette manœuvre électoraliste qui vise à exploiter la perte de repères des citoyens avec la montée du chômage, les difficultés de logement et l'endettement de notre pays. Nous sommes attachés aux valeurs républicaines qui font notre identité à tous, cette identité si particulière pour laquelle des étrangers sont morts pour défendre la Patrie de droits de l'homme. Notre attachement à la France vaut plus qu'un racolage électoral indigne d'une cause qui dépasse les intérêts partisans.
Alors, avec François Bayrou, quittons les grandes peurs de ce début de siècle pour construire notre projet humaniste et répondre aux vraies inquiétudes de Français. C'est ce que nous ferons pour la prochaine campagne régionale, même si cela gène ceux qui préfèreraient qu'on ne parle pas de leurs insuffisances.
Si le parti au pouvoir tient vraiment à ce débat, qu'il en fasse la preuve en le reportant. Enfin, s'il leur reste un peu de l'héritage gaulliste, qu'ils associent plutôt au mot "national" celui d'unité.
Derniers commentaires