(…) Il favorisera le renforcement de la cohésion sociale de la région en posant les bases d’un bassin unique de l’emploi dans l’agglomération parisienne. Il donnera à la région capitale les moyens de devenir une référence mondiale dans l’urbanisme de l’après Kyoto. »

« (…) Pour mettre en œuvre sans délai cette ambition nationale, le projet de loi crée un maître d’ouvrage dénommé Société du Grand Paris.

Il institue des procédures adaptées à la nécessité d’avoir une approche décloisonnée du développement des infrastructures de transport et du développement urbain et économique, et pleinement respectueuses des règles européennes de consultation du public. »

Fabuleuse langue de bois où tous les mots magiques figurent afin de vite s’en débarrasser : cohésion sociale, Kyoto, urbanisme, développement du pays entier, propositions des élus, consultation…

Traduisons ensemble :

Pourquoi le grand Paris ? Pour continuer le développement à l’ancienne en mettant l’accent sur le développement de l’agglomération parisienne sans relancer un véritable aménagement du territoire sur tout le territoire français. On parle d’un large bassin d’emploi où il est assez indifférent de savoir si la vie des salariés de tous revenus sera facilitée par la construction de logements abordables à coté de leur travail. On crée de nouvelles zones d’activité éloignées sans rechercher la mixité entre zones de logement et zones d’activité

Quel périmètre pour le grand Paris ? Celui de territoires de projet décidés par le secrétaire d’Etat au grand Paris avec un accès facilité aux aéroports internationaux.

Quelles modalités pour le grand Paris ? Un établissement public d’Etat, appelée société du grand Paris pour faire plus opérationnel qui aurait un pouvoir exceptionnel d’expropriation. L’Etat qui n’a jamais été capable de se substituer aux communes pour faire appliquer la loi SRU (qui oblige à offrir 25% de logements HLM) pourrait ainsi exproprier les communes pour mettre en place un projet de transport en commun.

Certes, il est urgent de construire un projet global pour la métropole parisienne. Certes, il peut être nécessaire d’aller vite pour mener à bien ces projets.

Mais pas à n’importe quel prix. Car le problème est que le projet voulu par Christian Blanc n’est même pas financé (cf. rapport du député UMP, Gilles Carrez). Pire, le financement des nouvelles lignes de transport se ferait par la spéculation sur la revente des terrains situés le long des nouvelles lignes de transport, ce qui permettrait une fois de plus de réserver aux plus riches l’accès aux zones habitables proches des nouveaux moyens de transport.

Face à l’ampleur de la crise du logement, face aux nécessités du développement durable et la nécessité de reconstruire la ville sur la ville, face à la question des ghettos, on aurait pu espérer plus de souffle, plus de souci des habitants, plus de prise en considération des projets de leurs élus.