Vingt ans après, il n’y a jamais eu autant de murs pour séparer les hommes, et l’on en construit tout les jours. Toujours plus hauts, plus longs, plus sinistres. Des murs courent le long des frontières entre le Pakistan et l’Inde, le Pakistan et l’Afghanistan, le Botswana et le Zimbabwe, Israël et la Palestine, le Koweït et l’Irak, l’Arabie et l’Irak, les Emirats arabes et le sultanat d’Oman, les Etats-Unis et le Mexique, la Chine et la Corée du nord

Il y a aussi des murs moins visibles mais tout aussi redoutables pour empêcher les hommes de circuler librement. L’espace Schengen protège l’Europe des flux migratoires, à Ceuta et Melilla l’Europe a même ses murs pour la séparer du Maroc. Les Etats-Unis ont mis en place des procédures d’immigration redoutables dans tous leurs aéroports, ports et routes transfrontalières. Ce sont des murs tout aussi efficaces que ceux en béton ou en grillage thermosensible.

Il y a même des murs érigés à l’intérieur des pays, comme à Bagdad pour protéger le quartier sunnite, ou à Padoue pour séparer la ville « convenable » des quartiers pauvres où sévissent les dealers. Il y a des murs encore pour séparer les riches des pauvres à Los Angeles, Rio de Janeiro, Lagos, Manille, Abidjan, Nice... Une ligne Maginot contre les pauvres ?

Les murs divisent et ne sont qu’un aveu de faiblesse. Alors le 9 novembre, pensons à tous ceux qui vivent derrière un mur, et rêvons qu’un jour un artiste viendra à nouveau jouer du violoncelle pendant que les murs tombent.