Des murs comme horizon politique
Par Le Mouvement Démocrate de Boulogne-Billancourt le Dimanche 25 octobre 2009, 19:34 - Lien permanent
Dans quelques jours, le 9 novembre, nous allons célébrer le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin. Jour chargé d’émotion pour ceux qui ont vécu en direct la fin de cette absurde séparation d’un peuple en deux. La fin de ce concept archaïque qui consiste à penser que l’on peut s’enfermer derrière un mur pour régler ses problèmes. Comme si la muraille de Chine ou le limes romain n’avaient pas été franchis un jour. La fin des murs vraiment ?
Vingt ans après, il n’y a jamais eu autant de murs pour séparer les hommes, et l’on en construit tout les jours. Toujours plus hauts, plus longs, plus sinistres. Des murs courent le long des frontières entre le Pakistan et l’Inde, le Pakistan et l’Afghanistan, le Botswana et le Zimbabwe, Israël et la Palestine, le Koweït et l’Irak, l’Arabie et l’Irak, les Emirats arabes et le sultanat d’Oman, les Etats-Unis et le Mexique, la Chine et la Corée du nord…
Il y a aussi des murs moins visibles mais tout aussi redoutables pour empêcher les hommes de circuler librement. L’espace Schengen protège l’Europe des flux migratoires, à Ceuta et Melilla l’Europe a même ses murs pour la séparer du Maroc. Les Etats-Unis ont mis en place des procédures d’immigration redoutables dans tous leurs aéroports, ports et routes transfrontalières. Ce sont des murs tout aussi efficaces que ceux en béton ou en grillage thermosensible.
Il y a même des murs érigés à l’intérieur des pays, comme à Bagdad pour protéger le quartier sunnite, ou à Padoue pour séparer la ville « convenable » des quartiers pauvres où sévissent les dealers. Il y a des murs encore pour séparer les riches des pauvres à Los Angeles, Rio de Janeiro, Lagos, Manille, Abidjan, Nice... Une ligne Maginot contre les pauvres ?
Les murs divisent et ne sont qu’un aveu de faiblesse. Alors le 9 novembre, pensons à tous ceux qui vivent derrière un mur, et rêvons qu’un jour un artiste viendra à nouveau jouer du violoncelle pendant que les murs tombent.

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