TCHERNIA et BRECHON nous ont fait part des résultats de leur enquête de l’Ecole Française de mesures d’opinions sur les valeurs les plus importantes aux yeux de la population ;

ils ont programmé leur étude dans 40 pays en faisant 1500 interview par pays. Quelles sont ces valeurs pour les français ? La famille : très idéalisée, quasi consensus sur sa forte valorisation. … Beaucoup de méfiance dans les relations sociales. Le regard sur la vie est plus optimiste qu’il y a 30 ans en ce qui concerne sa propre vie contrairement à la situation générale qui au contraire retient un regard plus pessimiste. Le travail recueille un attachement constant, comme un devoir social légitimé par rapport à l’enjeu social. L’économie recueille une orientation ambivalente par rapport à sa gestion. On reste attaché à l’idée de concurrence, au fait que chacun doit être responsable, à la propriété privée des entreprises, mais en même temps on veut un renforcement des contrôles de l’Etat, une plus grande égalité des revenus, laisser la liberté aux chômeurs de refuser un emploi qui ne leur convient pas. Il y a une vision plus sociale de l’économie. L’environnement depuis 2008 se développe une nouvelle vision de la nature qui recueille une forte adhésion. Cependant il y a un décalage des idées par rapport aux actes.

Les français sont en fait dans une morale de situation, ils veulent adapter les principes, agir au cas par cas, Chacun est autonome, veut décider par lui même ; Ils manifestent un grand respect d’autrui, et la tolérance, à l’égard des marginaux. La xénophobie est en baisse par exemple en 1990 61% des français étaient favorables à la préférence nationale à l’embauche contre 41% en 2008. On manifeste une grande demande de défense des libertés privées en même temps qu’une demande d’autorité… Si la participation électorale est moins forte, en général, elle devient plus intermittente. Si on sent l’importance on se mobilise, surtout les jeunes. Mais le vote par principe n’existe que chez les plus âgés. Il y a un rapport moins conformiste, plus critique sur l’ensemble du fonctionnement de la société. « Pour moi ça va bien, mais pour la société et le politique ça va très mal »

Forte confiance dans l’école, la sécurité sociale et le système de santé. Plus moyenne dans la démocratie représentative et le parlement. Envers les syndicats, ça remonte un peu. Les églises ont de moins en moins bonne presse … La laïcité reste très importante pour les français qui estiment que les responsables politiques ne doivent pas influer sur elle. Les français manifestent un grand attachement à la Démocratie, Il y a une montée de « l’individualisation (chacun veut faire son choix) mais pas de l’individualisme (chacun pour soi) »…

Jean-Paul BRIGHELLI s’est levé et un autre souffle a parcouru le public. Il interprète certains résultats en disant qu’il pense plutôt que « les Français aimeraient faire confiance en leurs écoles ». Son langage imagée et plein d’humour détend un peu mais nous remet vite et brutalement dans les rails.

Pour lui l’école est celle de l’élitisme républicain qui a fabriqué l’égalité. Elle doit rester « une » car chacun a « droit » à l’éducation et cite un long passage d’un livre de François Bayrou qui insiste sur le rôle déterminant de la langue.

Alain-Gérard SLAMA dans son langage châtié d’intellectuel raffiné, nous parle ensuite du « zapping » synonyme pour lui d’immédiateté de l’accomplissement du désir , et qui réduit la distance entre l’objet et l’enfant.

Il remarque dans l’étude qu’il a lue 1) un abandon des principes en fonction des critères d’utilité sociale. (cas de la discrimination positive,) 2) la notion d’égalité prend le dessus sur la notion de liberté ; on ne pose plus la question si c’est efficace. Ex le principe de précaution qui engendre un certain fatalisme. C’est un réel arrêt du Projet des Lumières. La politique des revenus en Grande Bretagne a abouti à l’arrivée de Thatcher… 3) une perte des repères dans l’engagement. Re La charte collective ciment du peuple français prônait l’égalité devant la loi et l’identité nationale, valeurs républicaines.

Azouz BEGAG préfère dire « non je n’ai pas réussi, je me suis réussi »

Il préfère l’identification à l’identité…car elle implique l’obligation de la rencontre avec l’autre.

Il réclame l’adoption du « principe de réfutabilité » : on me dit que la terre tourne autour du soleil, or moi, je vois le soleil tourner, se lever , se coucher…

Il se qualifie de « troubadour du livre » et invoque « la contradiction du temps de projection » qui à son avis est très anxiogène… et enfin dernier jeu de mot il nous parle de la « satiété de consommation »…

François BAYROU conclut le débat en disant que « la langue c’est la clef » et qu’entre Liberté, Egalité et Fraternité, il n’y a pas à choisir, il faut les trois.

• Nous avons eu ensuite le plaisir d’applaudir Jean-François KAHN et de l’entendre confirmer son implication dans les thèmes et l’action du MoDem avec son talent si particulier...

Il a longuement exprimé son avis sur le « centrisme » qui à son avis ne trouve pas d’écho positif dans le public pour qui cela n’évoque rien de ferme, d’attirant ou d’excitant et que le MoDem doit se situer ailleurs.

Concernant l’offre de dialogue ,JFK propose l’idée d’une « Convergence Républicaine »…

Parmi tous ces bons mots j’ai retenu une idée, en parallèle avec l’emprunt imposé par le chef d’Etat, sans savoir pour quoi ni dans quel but, je pense que je vais aller voir mon banquier, je vais lui demander un prêt d’1 million d’Euros et lorsqu’il me demandera pourquoi cet emprunt, je lui dirai, que j’ai l’intention de réunir mes copains et faire une bonne bouffe en commission pour avoir la réponse…

Nous sommes allés ensuite nous retrouver autour d’un apéro sympathique et nous avons tous diné ensemble dans une ambiance très chaude car sur un écran géant s’est ensuite déroulé le match France Roumanie avec le résultat que l’on sait.

J’espère avoir réussi à vous donner l’envie et la curiosité d’aller lire toutes ces interventions ou les écouter en ligne.