Retour...de l'UNIVERSITE DE RENTREE 2009 "LA CRISE JUSQU'A QUAND?"
Par Le Mouvement Démocrate de Boulogne-Billancourt le Jeudi 17 septembre 2009, 18:18 - Lien permanent
De retour de l’Université ... de Rentrée…2009
Vendredi 4 septembre Le train nous dépose dans un Montpellier un peu gris mais à la température agréable. Vite un petit bonjour à la Méditerranée et à ces plages de sable immenses balayées par la tramontane et qui sentent un peu déjà la Camargue…
Arrivée sur le site : Organisation aimable, souriante, pas de problème particulier. Quelle bonne surprise ! Une fois nos valisettes déposées dans nos chambres, en route pour « le village MoDem », et je m’installe sous le grand chapiteau déjà bondé.
Voici donc mes quelques notes …
• Je suis arrivée à temps pour entendre Daniel LEBEGUE nous dire que la France est le dernier pays à ne pas réglementer le lobbying qui existe bel et bien et qui se développe donc sans aucun encadrement… Il nous fait aussi une proposition « créer un fonds de garantie public, partenaire des banques »… A étudier… Il nous rappelle aussi que la Suisse détient à elle seule plus de 25% du marché mondial de gestion d’actifs et bien sur cela inclut les actifs off shore. Alors pouvons-nous réellement espérer un changement réel d’attitude de la Confédération Helvétique ? • Ensuite j’écoute sur le thème de « LA CRISE JUSQU’A QUAND » MM PEYRELEVADE, DESSERTINE et de RUGY et Sylvie GOULARD.
Philippe DESSERTINE constate en statisticien que « ça va mieux, qu’il y a un tassement du chômage, et que les carnets de commande commencent à se remplir » Frémissements dans la salle…
Il nous rappelle (au cas où nous ne le saurions pas) que la crise que nous vivons est née d’une « dette folle » et tenez vous bien qu’elle a aboutit à« un gigantesque processus de deleveredging »…un « désendettement massif incontrôlé », un mécanisme de suppression de la dette…
J’apprends que le plan OBAMA, qui représente 6% du PIB Américain (alors que le chinois lui représente 7% du PIB Chinois) est dans l’histoire la 2ème dépense fédérale après la dépense engendrée par la 2ème Guerre mondiale. A titre de comparaison, le plan MARSALL a coûté 125 milliards de dollars (actuels), et le plan OBAMA coutera 900 milliards de dollars.
Est-ce qu’on ne recommence pas ?? Dessertine évoque sa crainte d’une courbe en W… Cette crainte est partagée aux USA comme en EUROPE de voir le redémarrage économique espéré fin 2010 se heurter au MUR DE LA DETTE … il va falloir la payer.
La grande question est qu’aujourd’hui il y a « un rebond incontestable » (moi je n’ai rien vu à part que la bourse et les banques, oui repartent comme avant… mais rien pour nous les humains) mais pour combien de temps. Sylvie GOULARD intervient et évoque les bonnes questions qui nous touchent directement : « les conséquences politiques de la crise ».
nous vivons « une grave crise de la souveraineté des Etats » car les transactions sont effectuées par des acteurs transnationaux sur lesquels nos gouvernements n’ont aucune réelle prise (malgré leurs gesticulations oserais-je ajouter).
l’Europe est le prototype d’une organisation et d’un ensemble de règles, c’est un marché régulé très important, mais on a le sentiment que l’Union Européenne n’a pas utilisé tous ses outils. Elle évoque la nécessité de solutions communautaires. Elle espère voir le Parlement Européen jouer un rôle et une influence sur le G20 !! Rêvons un peu… Il faut un régulateur, demandé par le Parlement au Président de la Commission.
Nous avons ensuite écouté un de nos invités, un député Vert, François de RUGY, qui souhaite dessiner des réponses car « il faut redonner de l’Espoir, ne pas se résigner car c’est destructeur et implique des dérives violentes. » Il faut absolument éviter à son avis de laisser le pouvoir actuel vite refermer la parenthèse de la crise et « repartir comme avant » avec des comportements qui ont mené au crash et ce raisonnement tient bien sûr aussi à ses yeux pour l’évolution de la planète.
Enfin, la dette publique et un sujet très inquiétant, et l’emprunt prévu par le gouvernement est un vrai danger. Il prévoit une remontée en anticipation des couts des matières premières, gaz, ressources énergétiques. Il conclut par un appel à la formation d’une coalition majoritaire, impliquant des compromis pour avancer entre 4 pôles : le socialiste, l’écologiste, une gauche plus contestataire et les Démocrates…pour un contrat majoritaire pour demain…
Jean PEYRELEVADE alors nous porte l’estocade et je me suis retenue pour ne pas me jeter directement dans la lagune qui nous entourait dans ce lieu marécageux… Il n’y a à son avis, rien à espérer car la crise durera jusqu’à 2017 et au-delà… Nous sommes devant une « longue période de difficultés ». 3 défis sont à relever car sinon il ne faut attendre « aucun progrès ». 1. La dette publique De 80% du PIB nous marchons allégrement vers 120% à fin 2017 Il va arriver quelque chose, mais quoi ? 2. La régulation du Capitalisme financier On prépare la prochaine crise financière si on ne régule pas les activités du secteur financier et si on ne les sépare pas des activités de dépôt. Il faut revenir à la séparation de la banque de dépôt d’avec la banque d’investissement. L’affaire des Bonus est une vraie « diversion ». Si on pense que « le croupier est trop payé » on ne pose pas la bonne question… Il faut plutôt se demander « pourquoi y a-t-il un casino à l’intérieur de la banque ? » 3. le changement de modèle de développement Nous sommes d’accord sur l’objectif mais quid des moyens ? Et Monsieur PEYRELEVADE de se poser la question : « Je ne sais pas si on peut être élu en disant la vérité au peuple, mais je sais qu’on ne peut pas gouverner si on ne lui dit pas la vérité » ;
François BAYROU est intervenu pour avouer que si en 2007 il savait comment on pouvait diminuer la dette qui se montait à 40milliards soit atteindre un niveau d’étiage à 20 milliards pour que la dette n’augmente plus, en 2009 l’absence des marges de manœuvres est inquiétante…Comment descendre de 120 milliards à 20 milliards ???
Réponse de Jean PEYRELEVADE: Après les crises graves il y a 3 solutions La banqueroute cf l’époque de la révolution française L’inflation cf l’avant deuxième guerre mondiale La diminution des dépenses et l’augmentation des recettes donc des impôts …
Et il choisit la 3ème bien sûr…
Pour Philippe DESSERTINE, la seule solution c’est la rigueur absolue
Sylvie GOULARD rappelle que s’il y a de l’inflation chez nous, la sortie de l’euro risque d’en être la conséquence car l’Allemagne n’acceptera jamais cette solution de l’inflation pour des raisons économiques et surtout historiques. Ce serait une catastrophe bien sûr.
François de RUGY fait état de la faillite des états notamment celle de la Californie, qui entretient l’irresponsabilité par les pertes de recettes volontairement décidées. Il rappelle toutes les décisions négatives : le bouclier fiscal, les cadeaux, la baisse de la TVA des restaurateurs, les niches fiscales… Il prend l’exemple vertueux de l’ESTONIE qui a baissé le salaire des fonctionnaires.
Nous nous retrouvons autour d’un très copieux buffet et bien fatigués, sans pour autant cesser les discussions autour de la table et ensuite dans la fraicheur, de la soirée méridionale.

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